Aller

à cent lieues de l’histoire, déraisonne dans mon cerveau

l’impression d’avoir perdu trop de plumes à vouloir atterrir

l’espoir est mûr, qu’il pourrisse donc

ce soir je mâche mon avenir avec délectation

car il est bon de ne plus rien vouloir

ne pas voir noir mais reposer ses sourires

et ne plus rien attendre momentanément

rire de ces certitudes qui aident à vivre

poser sa tête sur le sol et retrouver les sentiments de l’enfance

la proximité de la terre et le sentiment d’être naturel

sale mais tranquille

j’aime l’intime qui ne s’expose pas sur les murs.

 

J’aurais une fâcheuse tendance à me frotter les mains

de tous ces scrupules qui encouragent la foi

aucune concession ne mendie

changer d’écriture comme de sentiments je me dois

titiller la résignation au silence

dans les derniers retranchements du contenir

 

J’erre dans le temps, une main sur mon épaule

qui m’assure ne jamais revenir à mon origine

Jusqu'au bout

laisse-moi user jusqu'à la corde

ce temps où la sensation d’être libre advient

car mieux que de désirer comprendre mes liens

j’ai joint la musique à l’image

et donné un sens tactile au sentiment

faisant du particulier un tout

jonglant de niveaux en niveaux

de la surface d’une table

aux lointaines profondeur d’une table

les mots existent les images aussi

scénario cut aux dimensions brèves

c’est une histoire à conter une trajectoire à continuer

jusqu’au bout

donner cette frustration qui engendre l’euphorie

taire le son faire vibrer le silence

dedans tout crie mais autour on chuchote

c’est cette tension qui me tient

le moment où la balle transperce sa cible

avant que tout cède et ne se disperse

il y’a un temps tout reste en suspens

naïvement

jusqu’au bout

Présence

Hier tu étais à mes côtés

Je voyais ta nuque

et ton visage n'existait pas

Fragile

Si pour que l’on t’entende

le besoin de crier surpasse ta patience

demeurre malgré la déchirure de ta voix

la paix que je te sais contenir encore

Pèlerinage

parade sublime d’alluvions, cortège phosphorescent d’âmes lourdes en symboles. Jambes lourdes en conséquences. Avoir la doctrine du pieux et la cervelle d’un nouveau né, mendier la connaissance que contient la pierre.

Sagesse inopportune, grand rêve de l’impuissance qui changera l’eau en eau, le travail en fatigue. Nombreux seront encore les suivants du cortège que nul n’ose conduire et qui ne se dirige qu’à l’intérieur de lui-même.

Instinct

Juste assis, j’ai faim et écarte le leurre de mon estomac

Pas d’irrégularités, ne meurs point

En quête de temps me dirige dans le garde-survie.

Flash

respiration courte

on peut voir le coeur battre sous le vêtement

trop serré

magnifique machine si peu glorieuse et si riche en approbations

Dieu me tarde de ne pas nous rencontrer

simplement sans un geste

on ne dispose d’interludes que trop rarement

jusque là comment occuper l’inactivité

les gerbes de travaux inachevables placard en coin de l’oeil

où traînent pèle-mêle sourires humides

et larmes usagées

pas de reprises

un coupe nette sans traces

 

et déjà d’automne le sol est recouvert

une phrase peut être la meilleure

je repense souvent à hier

le motif est fané mais la mémoire subsiste

vive encore à l’instant

pas de failles c’est la perfection

et je perçois encore d’autres questions d’autres critiques

les sons du doute emmanent de l’instant seulement

Abstract

La perception a changé de forme

le réel est fiction virtuellement

sans histoire ni sujet

pas de confusion parce que rien a confondre

pas de comparaison parce qu’aucune référence

une vision d’enfant et la croyance en la perfection

ligne droite, texture ultra-lisse, savoir-faire humain

et irréprochable production de la nature, couleur,

forme, logique et imprévisible

couples antagonistes en surface baisent dans

la possibilité de s’entendre profondément

l’espoir et l’aliénation et le réaliste et la progression

un face à rien déconcertant

d’être unique et de réfléchir sur la vérité

 

Vieille hybride promenant son coeur au bout d’une laisse

docile et charmante maîtresse décapitée par esprit pratique

aucune référence à des faits ayant tenté d’exister

un lézard observe sans le savoir un objet appelé computer

et cherche a communiquer avec une tetra-brique de lait

l’absurde et le non-sens, ce que l’on voit, ce que l’on sait

une infinité de dimensions et une règle de trente centimètres

 

le visage est un leurre si vu de dos

la paresse le seul défaut du mort

j’embrasse une représentation géométrique de ma femme sur les yeux

et m’endors regrettant de n’avoir pas su plus tôt sa stérilité