I

jamais pareil endroit n’avait capté mon attention auparavant

Maintenant, je suis là, planté au milieu du présent

Ma vision noyée de droite à gauche

Je sais que son image n’aura de cesse de m’habiter

II

Assis sur un siège

Qui a vu un nombre écoeurant

De sensations postérieures

Que chacun tente de faire siennes

III

Le froid agresse l’épiderme

Le vent traverse les vêtements

Comme leur intérieur

Toi devant cet automate

Avec pour réconfort

L’attente du voyage

IV

Je discerne à présent son pouvoir sur ma suffisance

Ma maladie volontaire

Ses murs m'ont nargué

Ma liberté

Par instinct c’est à un autre que je l’aie vendue

Avant qu’elle ne m’attache

V

À quelque part dans une cuisine sans fenêtre

Une femme prépare quotidiennement des repas

Que je ne mange pas

 

L’inconnu m’affame de présences

VI

Tout comme ces habitués du salaire

J’aurais dans ma poche les attraits d’une réussite

Et dans les chevilles le souvenir d’un sol

Sur lequel je ne me sens pas digne